Trois mois après le premier signal d’alarme, la situation de l’eau potable à Passy ne s’est pas améliorée. Au contraire : les coupures s’allongent et de nouveaux quartiers, jusque-là épargnés, sont désormais touchés.
Le constat dressé en mars dernier reste d’actualité, en pire. À Passy, commune du département de Foundiougne, l’eau potable continue de manquer — et la crise, loin de se résorber, gagne du terrain. Près de deux ans après les premières difficultés, les habitants disent vivre aujourd’hui l’une des périodes les plus difficiles.
Là où les coupures duraient quelques heures, elles s’étendent désormais sur une journée entière. Les robinets restent secs de plus en plus longtemps, obligeant les familles à s’organiser autour des rares points d’eau encore actifs. Devant les bornes-fontaines, les files s’allongent dès le milieu de la nuit, comme au plus fort de la crise.
Surtout, le problème déborde des quartiers historiquement les plus exposés. Après Jokko ce sont désormais Diamaguene qui subit leur tour la pénurie. Des zones jusqu’ici relativement épargnées se retrouvent confrontées aux mêmes difficultés, signe que le réseau, déjà vieillissant, peine de plus en plus à suivre une population en pleine croissance.
Les conséquences, elles, s’aggravent dans les mêmes proportions. Dans les foyers, l’hygiène recule et les corvées d’eau pèsent toujours sur les femmes et les enfants. Les commerces qui dépendent de l’eau — restauration, petits métiers — tournent au ralenti. Et la crainte des maladies liées au manque d’eau grandit à mesure que la situation se prolonge.
Du côté de la population, les revendications restent les mêmes qu’en mars, mais le ton se durcit : remise en service du château d’eau, et une gestion plus rigoureuse du réseau.
À l’approche de la saison chaude, l’inquiétude est à son comble. Passy attend toujours une solution durable. En attendant, c’est toute une commune qui continue de vivre au rythme de l’eau — ou, plus exactement, de son absence.
Auteur : Passy Actu
